KINSHASA — Dix jours après avoir sillonné plusieurs établissements scolaires de la capitale à l’occasion de la rentrée 2026-2027, Félix-Antoine Tshisekedi revient avec de premières réponses aux préoccupations recueillies sur le terrain. Ce lundi 14 septembre, le Chef de l’État a remis au Lycée Monseigneur Shaumba deux bus TATA de 71 places chacun ainsi qu’une centaine d’ordinateurs fixes, inscrivant cette dotation dans le prolongement de sa visite du 4 septembre.
Dans la cour de cet établissement de Kinshasa, les deux véhicules matérialisent d’abord une réponse à la question de la mobilité des élèves. Mais la dotation informatique porte un enjeu tout aussi important : permettre à l’école de renforcer l’apprentissage du numérique et de mieux préparer les élèves à un environnement éducatif dans lequel les technologies occupent désormais une place croissante.
Lors de sa précédente tournée, Félix Tshisekedi avait échangé directement avec les élèves sur leurs conditions d’apprentissage et les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Transport, infrastructures, équipements et accès aux outils numériques figuraient parmi les préoccupations exprimées. La remise effectuée ce lundi au Lycée Monseigneur Shaumba apparaît ainsi comme l’une des premières traductions matérielles des engagements pris à l’issue de ces échanges.

Cette intervention n’est pas isolée. Quelques jours auparavant, le Collège Bonsomi, à N’Djili, avait également bénéficié d’une dotation en bus, parallèlement au lancement de travaux d’infrastructures. En rapprochant ces deux opérations, la Présidence semble vouloir imprimer à la tournée scolaire une dimension qui dépasse les visites protocolaires : écouter les besoins dans les établissements, identifier certaines urgences puis tenter d’y apporter des réponses concrètes.
L’apport d’une centaine d’ordinateurs ouvre cependant un chantier plus large que leur simple installation. Pour transformer ces équipements en véritable outil pédagogique, l’établissement devra disposer d’une organisation adaptée : accès régulier des élèves aux machines, encadrement pédagogique, compétences numériques des enseignants, connectivité lorsque celle-ci est nécessaire, sécurisation et maintenance du matériel. L’ordinateur ne devient un instrument d’apprentissage que lorsqu’il est intégré à une pratique pédagogique structurée.

Cette question rejoint directement celle du capital humain, dans un pays où la jeunesse représente un immense potentiel mais où l’école doit progressivement adapter ses méthodes aux transformations technologiques et professionnelles. Renforcer les compétences numériques dès le secondaire peut contribuer à préparer les élèves aux études supérieures, à l’emploi et aux nouveaux métiers, à condition que l’équipement matériel soit accompagné d’une véritable politique de formation et d’utilisation.
L’autre défi sera celui de l’échelle. Deux bus et une centaine d’ordinateurs peuvent produire un effet immédiat dans un établissement, mais les besoins du système éducatif congolais dépassent largement quelques écoles de Kinshasa. L’enjeu sera donc de savoir si ces interventions constituent des réponses ponctuelles aux établissements visités ou les prémices d’une approche susceptible d’être progressivement étendue, selon des critères transparents, à d’autres écoles de la capitale et des provinces.
Au Lycée Monseigneur Shaumba, la promesse formulée quelques jours plus tôt trouve néanmoins une première traduction visible. Après le temps de l’écoute vient désormais celui de l’exécution ; après celui de la dotation viendra celui de l’évaluation. Car la véritable réussite de cette politique ne se mesurera pas au nombre de bus remis ou d’ordinateurs installés, mais à leur capacité à améliorer durablement les conditions d’apprentissage et, surtout, les compétences des élèves congolais.
Par Guy Roger Tshitenge

