KINSHASA — Le Sénat a officiellement ouvert, ce mardi 15 septembre 2026 au Palais du Peuple, sa session ordinaire de septembre. Essentiellement budgétaire, cette rentrée parlementaire sera dominée par l’examen du projet de loi de finances 2027. Mais dans son discours d’ouverture, le président de la Chambre haute, Jean-Michel Sama Lukonde, a voulu placer les chiffres du prochain budget face aux attentes concrètes de la population : sécurité, emplois, amélioration des conditions de vie et développement des provinces.
« À ceux qui attendent de l’État des emplois et de meilleures conditions de vie, nous devons des résultats », a-t-il lancé devant la Première ministre, des membres du gouvernement, des représentants des institutions, du corps diplomatique et plusieurs invités. Une manière de rappeler que le débat budgétaire ne devrait pas se limiter à l’équilibre des recettes et des dépenses : il devra surtout déterminer la capacité de l’État à transformer les ressources mobilisées en réponses perceptibles dans le quotidien des Congolais.
La question sécuritaire s’est également imposée dès l’ouverture. Une minute de silence a été observée en mémoire des victimes des conflits, des maladies, des accidents et des catastrophes. Sama Lukonde a particulièrement exprimé la solidarité du Sénat envers les populations éprouvées du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, tout en saluant l’engagement des forces de défense et de sécurité. Dans un pays où une partie importante des ressources publiques reste absorbée par les impératifs sécuritaires et humanitaires, la paix apparaît ainsi comme l’un des paramètres déterminants des arbitrages budgétaires à venir.
Sur le terrain politique, le président du Sénat a appelé la majorité, l’opposition, les confessions religieuses et la société civile à s’engager dans le dialogue national afin de consolider la paix, l’unité et la cohésion nationale. Un appel particulièrement significatif alors que cette rentrée parlementaire coïncide avec la mobilisation de la Coalition Article 64 (C64) contre tout changement de la Constitution. Le dialogue apparaît ainsi comme l’un des dossiers politiques susceptibles d’accompagner, voire de concurrencer, les discussions strictement budgétaires au cours de cette session.
Pour Sama Lukonde, la paix ne saurait cependant se réduire au silence des armes. Elle doit également permettre le retour des déplacés, la justice pour les victimes et l’ouverture de perspectives de développement dans toutes les provinces. Cette approche renvoie directement à la responsabilité du Parlement lors de l’examen du budget 2027 : déterminer dans quelle mesure les priorités annoncées en matière de défense, de reconstruction, d’emploi, de services sociaux et d’investissements publics seront effectivement traduites en allocations budgétaires.
La rentrée du Sénat ouvre ainsi une session où le débat devrait rapidement passer des intentions aux chiffres. Entre exigences sécuritaires, attentes sociales et ambitions de développement, les sénateurs devront apprécier la capacité du prochain budget à répondre aux priorités affichées. Le message lancé par Sama Lukonde leur fixe déjà une exigence politique : au-delà des milliards inscrits dans la loi de finances, le budget 2027 sera surtout jugé sur les résultats qu’il produira dans la vie des Congolais.
Par Thierry Bwongo

