MASISI — Nouveau retournement militaire dans le groupement Ufamandu Ier. L’agglomération stratégique de Remeka ainsi que plusieurs localités voisines sont repassées, samedi matin 3 octobre, sous le contrôle des FARDC et de leurs alliés Wazalendo, après plusieurs heures d’affrontements contre l’AFC/M23. La situation restait toutefois tendue dans le secteur en matinée, où des détonations continuaient d’être entendues.
Selon des sources militaires locales citées par Radio Okapi, les affrontements ont repris aux environs de 4 heures du matin. Vers 6 heures, une coalition d’environ cinq groupes Wazalendo, placée sous le commandement de Mutayomba Jams, est parvenue à reprendre Remeka, Muhororo, Kamuhobe et Mihano, dans le groupement Ufamandu Ier, en chefferie des Bahunde. L’AFC/M23 contrôlait Remeka depuis sa contre-offensive du 25 septembre.

Cette reprise reste cependant fragile. Quelques heures après le changement de contrôle annoncé, des détonations étaient encore entendues dans plusieurs villages environnants. Aucun bilan humain ou matériel consolidé des affrontements n’était disponible dans l’immédiat. Dans cette zone particulièrement mouvante du front, le contrôle territorial peut évoluer rapidement au gré des offensives et contre-offensives.
Remeka en est précisément l’illustration. Ancien bastion des FARDC et des Wazalendo jusqu’à la fin juin, la localité est devenue depuis juillet l’un des principaux points de confrontation dans cette partie de Masisi. Les forces gouvernementales et leurs alliés l’avaient reconquise à la mi-septembre avant que l’AFC/M23 n’en reprenne le contrôle le 25 septembre, après de nouveaux affrontements.

La bataille autour de Remeka dépasse cependant le contrôle d’une seule agglomération. Sa position permet d’accéder à plusieurs axes conduisant notamment vers Rubaya, important centre minier, et Ngungu, centre agropastoral, deux zones sous contrôle de l’AFC/M23. Le territoire de Masisi demeure ainsi l’un des principaux foyers militaires du Nord-Kivu, avec des affrontements récurrents autour de plusieurs positions stratégiques.
La reprise annoncée de Remeka et des localités voisines constitue donc une évolution tactique importante, mais encore à consolider. Les changements répétés de contrôle observés ces dernières semaines montrent surtout combien le front reste instable à Masisi. Derrière ces mouvements militaires, les populations civiles continuent d’en payer le prix, entre déplacements, perturbation des axes commerciaux et insécurité persistante malgré les processus diplomatiques engagés pour parvenir à un cessez-le-feu.
Par la Rédaction

