Kinshasa s’apprête à vivre une nouvelle bataille décisive pour le contrôle de son football. À l’approche des élections du 20 mai 2026 à la tête de la Fédération Congolaise de Football Association, neuf candidatures ont été officiellement enregistrées, révélant un paysage éclaté entre anciens internationaux, gestionnaires expérimentés et profils émergents. Cette diversité illustre à la fois l’attractivité du poste et les profondes fractures qui traversent le football congolais, en quête de stabilité et de crédibilité sur la scène africaine.
Parmi les figures les plus en vue, Véron Mosengo-Omba s’impose comme un poids lourd institutionnel. Ex-secrétaire général de la Confédération africaine de football, il bénéficie d’un carnet d’adresses continental et d’une maîtrise des rouages administratifs rarement égalée. Face à lui, des anciens joueurs comme Shabani Nonda et Aziz Makukula entendent capitaliser sur leur vécu du haut niveau pour défendre une vision plus professionnalisée et tournée vers les standards internationaux, avec en filigrane la promesse de redorer l’image du football congolais.
Mais la course ne se limite pas à ces figures médiatiques. Des profils plus discrets, mais ancrés dans l’appareil local, tels que Patou Mangenda, Didier Masamba ou encore Bosco Mwehu, misent sur leur connaissance des réalités internes de la fédération. Leur argument central repose sur la nécessité d’une réforme progressive, loin des ruptures brutales, dans un environnement où les équilibres politiques et sportifs restent fragiles.
À ces candidatures s’ajoutent celles de JC Mukanya, Max Mayaka et Kevin Issa, perçus comme des outsiders. Leur positionnement, souvent axé sur le renouvellement et la proximité avec les acteurs de terrain, traduit une aspiration croissante à rompre avec les pratiques anciennes. Toutefois, leur faible exposition médiatique pourrait constituer un handicap face à des concurrents mieux installés.
Au-delà des profils, cette élection se joue sur fond de tensions récurrentes autour de la gouvernance du football congolais : accusations de mauvaise gestion, débats sur la nationalité de certains candidats, et rivalités entre courants internes. Ces enjeux dépassent la simple compétition électorale et interrogent la capacité de la future direction à restaurer la confiance des clubs, des supporters et des partenaires internationaux.
Dans ce contexte, le scrutin du 20 mai apparaît comme un tournant. Entre promesses de modernisation, exigences de transparence et luttes d’influence, les électeurs de la FECOFA devront trancher entre continuité et rupture. Une décision qui pourrait durablement redessiner les contours du football en République démocratique du Congo, à un moment où celui-ci cherche à retrouver sa place parmi les grandes nations du continent.
Thierry Bwongo

