Depuis Goma, Joseph Kabila, ancien président de la République démocratique du Congo, a accordé une interview exclusive à La Libre Belgique ce 23 mars 2026. Dans cette prise de parole rare, il revient sur sa situation personnelle, le climat politique actuel et la gestion du pays par le régime en place, tout en dénonçant certaines manipulations et en appelant à la mobilisation citoyenne.

Kabila se défend d’avoir soutenu la rébellion et justifie sa présence à Goma : « Goma, c’est chez moi… Je considère que je suis en droit d’être en contact et de parler avec tous les Congolais en ayant comme objectif principal la cohésion et la recherche de la paix. Pour moi, c’est même une mission. » Il souligne également la possession de l’unique copie d’un accord FCC-CACH de 2019, précisant que la divulgation publique aurait pu créer des malentendus.
L’ancien chef de l’État critique sévèrement la révision constitutionnelle et la gouvernance actuelle : « Quelle Constitution? Pour Kinshasa, elle n’existe pas… Tout ce tripatouillage est dangereux, extrêmement dangereux. » Il introduit le concept de “soudanisation” pour alerter sur la fragmentation et l’instabilité croissante, comparant la situation congolaise à l’implosion du Soudan.

Appelant à l’action des Congolais, Kabila cite l’article 64 de la Constitution : « Tout Congolais a l’obligation de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou l’exerce en violation de la Constitution. » Il insiste sur la responsabilité collective pour préserver la démocratie et limiter les abus du régime.
Il évoque également les relations avec la Belgique, critiquant certaines positions tout en saluant l’engagement de la justice belge : « À l’allure où vont les choses, je pense que la Belgique est en train de se disqualifier… mais elle a aussi cette capacité de se remettre en cause. »

En résumé, cette interview révèle un Joseph Kabila serein mais déterminé : défenseur de la cohésion nationale, observateur critique du régime en place, et acteur conscient des risques de fragmentation. Ses propos mettent en lumière les tensions internes, la nécessité de vigilance citoyenne et les enjeux de stabilité pour la RDC.
Par Thierry Bwongo

