Le conflit qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo connaît une nouvelle phase d’escalade. Selon les données publiées par l’Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED), le mois de février a enregistré un niveau inédit de frappes aériennes et d’attaques de drones, principalement dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les affrontements se concentrent notamment autour de Rubaya, une zone stratégique connue comme l’une des principales sources mondiales de coltan.
Pour Ladd Serwat, analyste principal pour l’Afrique à ACLED, la situation militaire demeure particulièrement volatile. Malgré certaines avancées enregistrées par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans les territoires de Masisi et Mwenga, les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) ont lancé des contre-attaques en fin de mois, contraignant les forces congolaises et les groupes d’autodéfense Wazalendo à se retirer de certaines positions.
La dimension aérienne du conflit constitue désormais un facteur déterminant. L’analyste évoque notamment la campagne menée par le M23 contre l’aéroport de Kisangani, qui représente à la fois un enjeu militaire et un risque pour le trafic aérien civil. Cette évolution traduit l’introduction croissante de technologies militaires avancées dans un conflit déjà complexe.
Face à cette intensification, les FARDC affirment avoir abattu deux drones appartenant à l’armée du Rwanda dans la localité de Mikenge. L’armée congolaise dénonce une « violation illégale de l’espace aérien congolais » et qualifie l’incident de nouvelle provocation dans un contexte sécuritaire déjà extrêmement tendu.
Dans un communiqué officiel, les forces armées congolaises ont réaffirmé leur détermination à défendre l’intégrité territoriale du pays et à protéger les populations civiles, tout en appelant à la vigilance face à l’évolution rapide de la situation sur le terrain.
Cette intensification des frappes de drones illustre la transformation progressive du conflit en une guerre hybride mêlant affrontements terrestres et opérations aériennes. Elle renforce également l’urgence d’une réponse politique et diplomatique à l’échelle régionale et internationale, alors que les zones minières stratégiques de l’Est congolais restent au cœur d’une rivalité aux répercussions continentales.
Par Thierry Bwongo

