Après des mois, voire des années d’exil au Burundi, des familles congolaises originaires d’Uvira reprennent le chemin de la RDC. Un mouvement volontaire, encadré par les Nations unies, qui reste conditionné à une stabilisation encore précaire du Sud-Kivu.
Des ressortissants congolais ayant trouvé refuge au Burundi regagnent progressivement la ville d’Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo. Ce rapatriement volontaire, orchestré par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), marque un infléchissement notable de la dynamique humanitaire au Sud-Kivu.
Sur le terrain, le HCR assure la logistique du retour : transport sécurisé, assistance à la réinstallation et appui à la réintégration. Ces familles avaient fui les affrontements armés et l’insécurité chronique qui minent les hauts et moyens plateaux de la province. Si le retour suscite l’espoir, il s’accompagne d’incertitudes majeures liées à la sécurité, à l’accès aux terres et aux moyens de subsistance.

Autorités locales et partenaires humanitaires s’efforcent de structurer l’accueil. Mais les obstacles demeurent considérables : services de base saturés ou détruits, habitations à reconstruire, tissu économique à relancer. « Le retour ne peut être durable sans conditions de vie dignes », souligne un acteur humanitaire joint sur place.
Malgré ce contexte, le mouvement est interprété comme le signe d’une accalmie relative dans certaines zones d’Uvira et ses environs. Il résulte d’efforts conjugués entre Kinshasa, les autorités provinciales et la communauté internationale pour esquisser des solutions durables à la crise des déplacements forcés.
Les organisations humanitaires appellent toutefois à la prudence. La stabilité du Sud-Kivu reste volatile, et toute dégradation sécuritaire pourrait inverser la tendance. Elles plaident pour une consolidation du processus de paix et un renforcement immédiat de l’assistance aux retournés, afin d’éviter de nouveaux cycles d’exil.
Par Kanoba Obadias

