KINSHASA — Le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté (MINEDU-NC) réagit au nouvel incendie meurtrier survenu ce jeudi 10 septembre 2026 à Funu, dans la ville de Bukavu, au Sud-Kivu. Le sinistre, qui a notamment touché les écoles primaires Furaha et Ujamaa, a fait plusieurs victimes, parmi lesquelles des élèves, ainsi que de nombreux blessés, selon le communiqué officiel du ministère. Les chiffres restant encore en cours de consolidation, le MINEDU-NC appelle à la prudence sur le bilan définitif et souligne que les circonstances exactes ainsi que l’origine de l’incendie restent à établir.
Des sources médicales citées par Reuters faisaient état ce jeudi d’au moins 17 morts, dont des enfants, un bilan susceptible d’évoluer à mesure que les informations provenant du terrain sont vérifiées. Face au drame, la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a présenté ses condoléances aux familles endeuillées et exprimé sa solidarité aux blessés, aux élèves, aux enseignants et à l’ensemble de la population de Bukavu. Le ministère adresse surtout un message politique fort aux communautés scolaires de l’Est : « Aucun enfant congolais n’est en dehors de la République », affirmant que les élèves et enseignants vivant dans les zones sous occupation restent pleinement membres de la communauté éducative nationale.
Cette déclaration se traduit par des premières instructions administratives. Raïssa Malu demande aux services compétents du ministère d’établir un bilan documenté des établissements scolaires touchés, d’identifier les besoins immédiats des élèves, enseignants et communautés éducatives affectées, puis d’examiner avec les acteurs éducatifs et humanitaires les solutions permettant à la fois d’assister les victimes et d’assurer la continuité des apprentissages. L’enjeu est considérable : au-delà des pertes humaines, la destruction ou l’endommagement d’une école peut priver durablement des centaines d’enfants de leur environnement d’apprentissage.
Le drame de Funu est d’autant plus préoccupant qu’il ne constitue pas un événement isolé. Bukavu traverse depuis plusieurs semaines une succession particulièrement grave d’incendies. Quelques jours auparavant, dans la nuit du 2 au 3 septembre, l’École primaire Uhuru et l’Institut Fariala, au quartier Cahi, avaient été ravagés par les flammes, laissant plus de 500 élèves sans établissement. Le 6 septembre, Radio Okapi rapportait qu’environ 700 maisons avaient été consumées en une seule semaine dans différents secteurs de Bukavu.
Cette répétition transforme désormais la question des incendies en véritable enjeu de protection civile, mais aussi de politique éducative. Le gouvernement provincial du Sud-Kivu basé à Uvira avait déjà estimé, avant le drame de Funu, que plus de 2 500 maisons avaient été détruites par différents incendies à Bukavu entre juillet, août et le début septembre, et réclamait un mécanisme indépendant d’enquête et de documentation. Le MINEDU-NC juge à son tour indispensable que les circonstances et les causes de ces sinistres soient établies « de manière rigoureuse et indépendante », afin de protéger les populations et les infrastructures scolaires.
L’incendie de Funu survient par ailleurs à peine dix jours après la rentrée scolaire 2026-2027, dans une région où l’éducation subit déjà les conséquences du conflit et des déplacements de populations. À l’échelle nationale, près d’un demi-million d’enfants seraient actuellement privés d’école en raison de la guerre, avec plus d’un millier d’établissements toujours fermés, selon les données du Cluster Éducation rapportées ce 10 septembre. À Bukavu, chaque école détruite ou rendue inutilisable ajoute donc une crise éducative à une situation humanitaire déjà extrêmement fragile.
En affirmant que « la République ne les oublie pas », le ministère place désormais la continuité scolaire au cœur de sa réponse. Mais après la succession d’incendies enregistrés à Bukavu, l’urgence ne consiste plus seulement à reconstruire après chaque catastrophe. Elle impose également de comprendre pourquoi ces sinistres se répètent, de sécuriser les établissements encore opérationnels et de mettre en place des solutions temporaires pour que les élèves des écoles touchées puissent poursuivre leurs études. À Funu, sauver l’année scolaire des enfants sinistrés devient ainsi indissociable d’un autre impératif : faire toute la lumière sur une série d’incendies dont le coût humain et éducatif devient insoutenable.
Par la Rédaction

