À Kinshasa, au Fleuve Congo Hôtel, la République démocratique du Congo a franchi une étape décisive dans la modernisation de son système statistique. Sous le haut patronage du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, plus de 200 millions de dollars ont été mobilisés en faveur du Deuxième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH-2), dépassant les prévisions initiales estimées à 192 millions USD.
Organisé par le ministère du Plan avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la population, cet événement marque un tournant, 42 ans après le dernier recensement national. Il consacre la volonté des autorités de doter le pays d’outils fiables pour orienter les politiques publiques et accompagner une croissance inclusive. Le chef de l’État a, à cette occasion, annoncé une contribution nationale de 30 millions USD, affirmant l’engagement du pays dans ce processus stratégique.

Le ministre d’État au Plan, Guylain Nyembo, a rappelé les limites engendrées par l’absence prolongée de données actualisées, soulignant l’importance d’un système statistique robuste pour guider l’action publique et répondre efficacement aux besoins des populations. Une exigence d’autant plus cruciale dans un pays aux dynamiques démographiques et territoriales complexes.
De son côté, la directrice exécutive du FNUAP, Diene Keita, a insisté sur la portée stratégique du recensement, présenté comme un outil central de planification. Elle a toutefois appelé à garantir la transparence, la neutralité et la confiance tout au long du processus, conditions essentielles pour assurer la crédibilité des données produites.

La mobilisation des partenaires internationaux, dont la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et le Fonds monétaire international, ainsi que plusieurs pays partenaires, traduit une confiance renouvelée envers la RDC. Ces engagements renforcent la crédibilité du projet et son potentiel à structurer les politiques de développement.
Au-delà des chiffres, le RGPH-2 apparaît comme un levier fondamental pour mieux connaître la population, orienter les investissements publics et réduire les inégalités. Sa réussite dépendra désormais de la capacité des institutions à transformer ces engagements financiers en résultats concrets, au bénéfice des populations congolaises et du développement durable du pays.opm
Par Thierry Bwongo

