Kinshasa, mars 2026 — La République démocratique du Congo (RDC) a conclu un nouvel accord de coopération minière avec la Chine, dans un contexte marqué par une intensification des initiatives américaines visant à renforcer leur présence dans le secteur des minerais stratégiques. Si certains y voient un signal politique adressé à Washington, d’autres estiment qu’il s’agit avant tout d’une continuité dans la politique économique congolaise.
Selon des informations relayées par Reuters, cet accord prévoit notamment le partage de données géologiques, la protection des investissements, la promotion de la transformation locale des matières premières ainsi que la mise en place d’un mécanisme de suivi destiné à garantir le respect des lois congolaises. Parmi les projets évoqués figure le développement du minerai de fer de MIFOR dans le nord-est du pays, illustrant l’intérêt persistant de Pékin pour les ressources minières congolaises.

La Chine occupe déjà une place centrale dans ce secteur. Des entreprises telles que CMOC Group, Zijin Mining et Huayou Cobalt contrôlent une part importante des actifs liés au cuivre et au cobalt, dont la RDC est l’un des principaux producteurs mondiaux. Cette présence s’inscrit dans la continuité de partenariats noués depuis plus d’une décennie, notamment dans le cadre du contrat sino-congolais.
Dans le même temps, les États-Unis tentent de renforcer leur position dans la région. En décembre 2025, un partenariat sur les minerais critiques a été signé avec Kinshasa, visant à faciliter l’accès des entreprises américaines à des ressources telles que le cobalt, le lithium ou le tantale. Des initiatives portées par des acteurs comme KoBold Metals, ainsi que le développement du corridor de Lobito, traduisent cette volonté de diversification des partenariats. Toutefois, à ce stade, peu de projets concrets ont été officiellement annoncés.

L’interprétation de ce nouvel accord avec la Chine divise les analystes. Pour certains, il pourrait être perçu comme une réponse indirecte aux ambitions américaines, traduisant une forme de rivalité accrue entre grandes puissances autour des ressources stratégiques africaines. D’autres, en revanche, relativisent cette lecture et rappellent que la coopération entre Kinshasa et Pékin repose sur des bases anciennes et structurantes, indépendantes des dynamiques conjoncturelles.
Au-delà des interprétations, les autorités congolaises semblent privilégier une approche pragmatique. En multipliant les partenariats, la RDC cherche à tirer parti de la concurrence entre investisseurs étrangers afin de maximiser les retombées économiques, tout en renforçant les exigences en matière de transformation locale et de gouvernance des ressources.

Dans un contexte international marqué par la course aux minerais critiques, essentiels à la transition énergétique et aux technologies de pointe, la RDC apparaît ainsi comme un acteur central. Entre continuité de ses alliances traditionnelles et ouverture à de nouveaux partenaires, Kinshasa tente de maintenir un équilibre délicat, au cœur d’enjeux économiques et géopolitiques de plus en plus stratégiques.
Par Thierry Bwongo

