À Kinshasa, le report des élections des ligues nationales de la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA) alimente depuis plusieurs jours des débats dans les milieux sportifs. Le Comité de Normalisation de la FECOFA (CONOR), dirigé par Belinda Luntadila, affirme toutefois que cette décision ne relève d’aucune stratégie politique, mais résulte d’une contrainte financière indépendante de sa volonté.
Selon les explications avancées par l’instance de normalisation, le financement de l’organisation des élections dépend exclusivement de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA). Or, la FECOFA ne disposerait actuellement d’aucune marge financière pour organiser ces scrutins, ses comptes étant gelés dans le cadre d’un litige avec l’ancien équipementier O’Neills. Dans une correspondance relative à la prolongation du mandat du CONOR, la FIFA aurait d’ailleurs rappelé que la tenue des élections restait conditionnée à la disponibilité des fonds nécessaires.
Afin de faciliter le transfert et la gestion de ces ressources, le CONOR indique avoir proposé la mise en place d’un mécanisme financier temporaire via un cabinet d’audit ou de gestion indépendant. Toutefois, ce dispositif n’étant pas encore opérationnel, les moyens logistiques indispensables à l’organisation du scrutin n’auraient pas pu être mobilisés dans les délais prévus.
Dans une lettre adressée le 6 mars 2026 aux commissions électorales, le CONOR évoque ainsi un cas de force majeure. À moins de 72 heures du vote initialement programmé, plusieurs délégués des ligues provinciales n’avaient pas pu rejoindre la capitale faute de prise en charge logistique, rendant matériellement impossible la tenue des élections.
Au-delà de la controverse, certains observateurs du football congolais appellent à préserver un climat d’unité autour des réformes en cours dans la gouvernance sportive. Dans un contexte où les attentes sont fortes pour la relance du football national, la priorité reste la mise en place d’institutions crédibles et transparentes au sein de la FECOFA.
Le CONOR assure de son côté que les élections seront organisées dès que les conditions financières et logistiques seront réunies, conformément aux règles établies par la FIFA. L’objectif affiché demeure la stabilisation durable des instances dirigeantes et la consolidation d’un football congolais plus structuré et compétitif.
Par Thierry Bwongo

