À Bandundu-ville, dans la province du Kwilu, Christophe Mboso N’kodia Mpwanga, deuxième vice-président de l’Assemblée nationale, a confirmé ce dimanche 22 mars 2026 la volonté des autorités d’engager une réforme de la Constitution. Cette déclaration intervient à la veille de l’arrivée du chef de l’État pour une conférence attendue dans la région.
Revenant sur son intervention du 8 mars au stade Vélodrome de Kinshasa, le responsable politique a insisté sur la nécessité d’adapter la loi fondamentale aux « réalités politiques, sociales et économiques » actuelles. Il a défendu une démarche qu’il présente comme évolutive, visant à répondre aux mutations du pays plutôt qu’à bouleverser l’ordre institutionnel existant.
Cette prise de position ravive toutefois un débat sensible au sein de la classe politique congolaise. Les partisans de la réforme estiment que la Constitution, adoptée en 2006 puis révisée en 2011, montre aujourd’hui ses limites face aux défis contemporains. À l’inverse, plusieurs voix s’inquiètent d’un possible déséquilibre institutionnel, redoutant un renforcement excessif de l’exécutif ou des ajustements susceptibles d’affecter le cycle démocratique.
À l’échelle du continent, des dynamiques similaires sont observées. Au Burkina Faso, un processus de réforme est engagé pour intégrer les enjeux sécuritaires et sociaux, tandis qu’en Tunisie, la révision constitutionnelle de 2022 a profondément reconfiguré l’équilibre des pouvoirs, suscitant des débats nourris sur la gouvernance.
En République démocratique du Congo, les enjeux restent multiples : clarifier les rapports entre institutions, mieux prendre en compte les aspirations sociales — notamment celles de la jeunesse — et renforcer le cadre de gestion des ressources naturelles au service du développement. Autant de chantiers structurants pour l’avenir du pays.
Au-delà des annonces, la crédibilité du processus dépendra de son inclusivité et de sa transparence. Dans un contexte marqué par une forte attente citoyenne, toute réforme constitutionnelle devra s’inscrire dans une logique de consolidation démocratique et de progrès au bénéfice des populations.
Par Thierry Bwongo

