Le sport mondial est de plus en plus présenté comme un terrain d’influence géopolitique. Dans un rapport relayé ces dernières heures, l’organisation américaine d’enquête The Sentry affirme que les Émirats arabes unis et le Rwanda auraient investi près de 5 milliards de dollars dans des opérations de sponsoring sportif afin d’améliorer leur image internationale malgré les accusations pesant sur leur implication dans les conflits au Soudan et en République démocratique du Congo.
Selon l’organisation, cette stratégie relève du « sportswashing », une pratique consistant à utiliser le sport de haut niveau comme outil de communication et de diplomatie d’influence pour détourner l’attention des critiques liées aux droits humains ou aux conflits armés. The Sentry estime que les investissements massifs dans les clubs, compétitions et partenariats sportifs internationaux permettraient à ces États de renforcer leur visibilité positive sur la scène mondiale tout en atténuant les pressions diplomatiques.

Le rapport établit un parallèle entre le rôle reproché aux Émirats arabes unis dans la guerre au Soudan et les accusations récurrentes visant le Rwanda dans l’instabilité persistante de l’Est de la RDC. Pour les auteurs du document, la puissance du football, du cyclisme ou encore des grands événements sportifs internationaux devient un levier stratégique de soft power utilisé pour influencer les perceptions internationales.
Ces accusations interviennent dans un contexte où Kigali multiplie depuis plusieurs années les partenariats sportifs internationaux, notamment avec de grands clubs européens, tandis qu’Abu Dhabi poursuit une politique d’investissements massifs dans plusieurs disciplines et compétitions mondiales. Les deux pays ont régulièrement rejeté les critiques liées à leur politique régionale et défendent leurs investissements sportifs comme des outils de développement économique, touristique et diplomatique.

À travers ce nouveau rapport, The Sentry remet ainsi en lumière le lien de plus en plus étroit entre géopolitique, influence économique et industrie sportive mondiale, dans un contexte où les grands événements sportifs deviennent aussi des instruments de puissance et de communication internationale.
Par Thierry Bwongo

