Kinshasa — L’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa devrait accueillir, ce samedi 15 août, la cérémonie de clôture de la quinzaine consacrée à la Journée internationale de la femme africaine (JIFA) 2026. Le président Félix Tshisekedi est attendu à ce rendez-vous, dont les temps forts annoncés sont notamment une prière pour la nation et la signature de la pétition portée par la Première dame, Denise Nyakeru Tshisekedi, en faveur de la reconnaissance du « génocide congolais ».
Célébrée chaque 31 juillet, la JIFA trouve ses origines dans le rassemblement de femmes africaines organisé en 1962 à Dar es-Salaam, qui avait conduit à la création d’une organisation panafricaine consacrée à la défense et à l’émancipation des femmes. Plus de six décennies plus tard, les enjeux se sont élargis : autonomisation économique, accès à l’éducation, participation aux institutions, leadership et implication des femmes dans la consolidation de la paix occupent désormais une place centrale.
En RDC, la quinzaine 2026 entend précisément dépasser la dimension commémorative. Conférences, échanges, activités culturelles et valorisation des initiatives féminines ont servi à mettre en avant la contribution des Congolaises au développement. La clôture devrait également être l’occasion pour le ministère du Genre, de la Famille et de l’Enfant de présenter le bilan des activités menées, avec une question de fond : comment transformer cette mobilisation ponctuelle en politiques publiques capables d’améliorer durablement la condition des femmes ?
La prière annoncée pour la nation prend, elle, une résonance particulière dans le contexte des conflits qui continuent d’affecter l’Est du pays. Dans ces crises, les femmes sont à la fois victimes des violences, piliers des familles déplacées et actrices de la résilience communautaire. Leur participation aux mécanismes de prévention des conflits, de reconstruction et de consolidation de la paix constitue dès lors un enjeu qui dépasse largement la seule célébration de la JIFA.
L’autre séquence attendue concerne la pétition initiée par Denise Nyakeru Tshisekedi autour de la reconnaissance du « génocide congolais ». Sa signature dans le cadre de la JIFA associe la question féminine à la bataille mémorielle menée autour des millions de victimes des conflits en RDC. Mais cette démarche reste aussi un processus de plaidoyer : la qualification juridique internationale de génocide répond à des critères précis et ne découle pas de la seule mobilisation politique ou citoyenne. La pétition vise ainsi à donner davantage de visibilité à cette revendication et à la mémoire des victimes.
Le choix de l’Académie des Beaux-Arts ajoute enfin une dimension culturelle et symbolique à cette clôture. Entre femme, art, mémoire et nation, la JIFA 2026 entend rappeler l’héritage d’un mouvement panafricain né de la volonté des Africaines de participer directement à la construction de leurs sociétés. Mais au-delà des cérémonies, son véritable bilan se mesurera aux avancées concrètes en matière d’autonomisation, d’accès aux responsabilités, de protection contre les violences et de participation aux décisions publiques.
Par Guy Roger Tshitenge

