Kinshasa — Après une période d’interruption qui avait suscité des interrogations chez les usagers, le train urbain doit reprendre la liaison entre la Gare centrale de Kinshasa et l’aéroport international de N’Djili ce lundi. Une remise en service attendue dans une capitale confrontée quotidiennement aux embouteillages et où le rail pourrait constituer une véritable alternative à la route.
Pour cette reprise, deux départs sont annoncés depuis la Gare centrale, à 6h30 et à 8h30. Ces horaires devraient notamment intéresser les voyageurs devant rejoindre l’aéroport dans la matinée, mais également les travailleurs et autres usagers cherchant à échapper à la congestion des principaux axes reliant le centre-ville à l’est de Kinshasa. L’offre reste néanmoins limitée au regard des besoins d’une métropole de plusieurs millions d’habitants.

La tarification annoncée prévoit par ailleurs trois catégories de places : 1 000 francs congolais pour la première classe, 2 000 FC pour la deuxième et 2 500 FC pour la catégorie VIP. Cette grille tarifaire mérite toutefois une clarification de l’opérateur, notamment en raison du prix annoncé de la deuxième classe, supérieur à celui de la première, une configuration inhabituelle qui pourrait résulter d’une inversion dans les informations communiquées.
Au-delà de la reprise elle-même, l’enjeu est considérable. Entre la Gare centrale et l’aéroport de N’Djili, les temps de parcours routiers peuvent fortement varier en fonction de la circulation. Un service ferroviaire fiable permettrait donc aux passagers, particulièrement ceux prenant l’avion, de mieux maîtriser leur temps de déplacement tout en contribuant à diversifier les solutions de mobilité disponibles dans la capitale.
Mais le véritable défi sera celui de la régularité. Remettre quelques trains en circulation constitue une première étape ; maintenir durablement le service, respecter les horaires, assurer la sécurité et l’entretien du matériel, puis augmenter progressivement les fréquences détermineront son utilité réelle. Avec seulement deux rotations annoncées au départ pour cette reprise, le train urbain ne peut encore prétendre constituer une réponse globale aux difficultés de mobilité de Kinshasa.

Cette relance offre néanmoins l’occasion de replacer le rail au cœur de la réflexion sur les transports urbains. Dans une capitale en expansion constante, les infrastructures ferroviaires existantes représentent un potentiel qui pourrait être davantage exploité, notamment par une meilleure articulation avec les autres moyens de transport collectif et, à terme, par l’augmentation du nombre de dessertes.
Le premier véritable test interviendra donc lundi matin. Si les départs de 6h30 et 8h30 sont assurés dans de bonnes conditions et si cette régularité se maintient au-delà des premiers jours, la liaison Gare centrale–aéroport pourra progressivement reconquérir la confiance des Kinois. Car dans la bataille de la mobilité à Kinshasa, la réussite ne se mesurera pas au retour du premier train sur les rails, mais à sa capacité à y rester durablement.
Par Guy Roger Tshitenge

