KINSHASA — Le projet Transit Rapide Aéroport de Kinshasa (TRAK) entre dans une séquence décisive de préparation. Réunis mercredi 14 octobre à Kinshasa, l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT) et l’entreprise MATIÈRE ont passé en revue le financement, les études techniques et le calendrier des ouvrages prévus pour désengorger l’axe conduisant vers l’aéroport international de N’Djili. Parmi les échéances arrêtées : la finalisation des études des flyovers attendue fin novembre, la défense du dossier financier à Paris le 15 décembre et, si les différentes étapes aboutissent, la signature du contrat envisagée pour le 18 janvier 2027.
Le Directeur général adjoint de l’ACGT, Jean-Claude Mido Mbuete, a d’abord reçu la délégation de MATIÈRE pour faire le point sur les engagements issus de la réunion du 23 juillet tenue au siège de l’entreprise en France. Les discussions se sont ensuite poursuivies au niveau technique sous la conduite d’Érick Ngilo. Quinze points ont été examinés, avec un objectif : déterminer les actions restant à accomplir de part et d’autre avant de faire basculer certaines composantes du TRAK de la phase d’études vers celle de leur contractualisation.
La question du financement constitue désormais l’un des principaux verrous. Selon les éléments communiqués par l’ACGT, MATIÈRE doit rechercher au moins 200 millions d’euros auprès de banques en Belgique et en France pour financer deux catégories d’ouvrages, notamment des passerelles et des flyovers. Il s’agit à ce stade d’un financement à mobiliser, et non d’une enveloppe déjà décaissée. Le dossier doit franchir une étape importante le 15 décembre à Paris, lors d’échanges annoncés entre le ministère des Finances, les banques et des organismes de crédit-export. Cette enveloppe ne représente par ailleurs qu’une partie du TRAK, dont le coût global a été estimé à environ 1,18 milliard de dollars dans le portefeuille de projets présenté aux investisseurs.

Sur le terrain technique, les deux partenaires commencent également à resserrer le calendrier. MATIÈRE a présenté les relevés réalisés par drones sur plusieurs sites appelés à accueillir les futurs flyovers à Kinshasa. L’entreprise est attendue sur la finalisation des études correspondantes d’ici au 30 novembre. L’ACGT doit, de son côté, transmettre avant la fin octobre les études déjà disponibles afin de permettre de compléter le dimensionnement des ouvrages. Les études d’impact environnemental et social doivent également être engagées, tandis qu’une première version du contrat technique est annoncée entre le 5 et le 10 décembre.
Cette accélération intervient alors que TRAK est encore en phase préparatoire. En juillet, l’ACGT avait officiellement lancé les études avec plusieurs bureaux spécialisés : OGEC pour la faisabilité et l’optimisation technico-économique, BKA pour la conception technique détaillée et JOCERPIO pour les études architecturales, structurelles et urbanistiques. Des investigations topographiques et géotechniques ont depuis été conduites sur le terrain. Le projet annoncé est considérable : 18 flyovers, un super-flyover d’environ 1,2 km, deux échangeurs, deux tunnels urbains et 40 passerelles piétonnes figurent notamment dans sa configuration présentée par l’ACGT.
Le véritable test commence donc maintenant. À Kinshasa, où les grands projets de mobilité sont souvent jugés autant sur leur exécution que sur leurs annonces, le TRAK devra encore franchir plusieurs barrières : bouclage financier, études définitives, impacts environnementaux et sociaux, sécurisation des emprises, contractualisation et calendrier d’exécution. Une prochaine réunion ACGT–MATIÈRE est annoncée au Sénégal le 17 novembre. La signature envisagée le 18 janvier 2027 constituera une autre étape, mais elle ne vaudra pas encore démarrage des travaux. Pour le TRAK, le passage des plans aux chantiers dépendra désormais de la capacité à transformer les échéances annoncées en engagements techniques et financiers effectivement sécurisés.
Par Jason Mbo Itoo

