Lusaka — Le président zambien Hakainde Hichilema a été réélu pour un second mandat de cinq ans, à l’issue de l’élection présidentielle du 13 août 2026. Les résultats proclamés par la Commission électorale lui accordent environ 60 % des suffrages valablement exprimés, contre près de 38 % à son principal adversaire, Brian Mundubile.
Cette victoire permet à Hichilema de franchir directement le seuil de 50 % nécessaire pour éviter un second tour. Elle confirme l’ancrage électoral du dirigeant de l’United Party for National Development (UPND), arrivé au pouvoir en 2021 après avoir lui-même recueilli 59,4 % des voix face à Edgar Lungu.
Le parcours personnel du président zambien participe largement à son image politique. Issu d’un milieu modeste et ayant gardé du bétail dans sa jeunesse, Hichilema est devenu homme d’affaires avant de se lancer en politique et d’accéder à la présidence. Son premier mandat a surtout été marqué par la restructuration de la lourde dette extérieure héritée de la crise de 2020, le retour des institutions financières internationales et une politique visant à relancer les investissements, notamment dans le cuivre.
Mais le résultat du scrutin délivre également un avertissement. Malgré l’amélioration de plusieurs indicateurs macroéconomiques, une partie importante de la population continue de subir le coût élevé de la vie, la pauvreté et les difficultés économiques quotidiennes. Brian Mundubile a précisément capitalisé sur ce mécontentement pour réaliser une performance plus importante qu’attendu.

Le scrutin s’est déroulé globalement dans le calme, mais le processus a été marqué par des incidents, notamment une interruption temporaire du dépouillement après des violences contre des agents électoraux et le vol de bulletins. L’opposition a également formulé des accusations d’irrégularités et de pressions, tandis que les autorités ont rejeté les accusations de répression politique.
Le second mandat de Hichilema s’ouvre désormais sur un défi majeur : transformer le redressement macroéconomique en amélioration perceptible des conditions de vie. La Zambie ambitionne notamment d’accroître fortement sa production de cuivre, ressource stratégique au cœur de la transition énergétique mondiale et qui place le pays au centre des intérêts économiques chinois et occidentaux.
De gardien de troupeaux à chef d’État réélu, le parcours de Hakainde Hichilema reste remarquable. Mais après cinq années consacrées en grande partie au redressement d’une économie sortie du défaut de paiement, son deuxième mandat sera probablement jugé sur une question beaucoup plus concrète par les Zambiens : la croissance retrouvée peut-elle désormais améliorer leur quotidien ?
Par la rédaction

