La Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a présidé jeudi 5 mars à la Primature une réunion de cadrage consacrée à l’audit de l’état liquidatif de la paie des agents et fonctionnaires de l’État. Cette initiative marque une nouvelle étape dans la volonté des autorités congolaises d’assainir la gestion de la masse salariale publique, un enjeu central pour la crédibilité financière de l’État et la confiance des citoyens envers l’administration.
Cette opération s’inscrit dans la dynamique des orientations fixées par le président de la République, Félix Tshisekedi, qui plaide pour un contrôle accru des finances publiques et une meilleure traçabilité des dépenses de l’État. Dans un contexte où la modernisation de l’administration constitue un levier essentiel du développement, le gouvernement entend s’assurer que chaque franc destiné à la paie des fonctionnaires bénéficie effectivement aux agents en service.
Le dispositif d’audit sera piloté par la Primature et coordonné par l’Inspection Générale des Finances (IGF), institution devenue ces dernières années l’un des instruments clés de la lutte contre les détournements et les irrégularités financières. L’opération mobilisera également plusieurs inspections sectorielles, notamment celles de la Défense, de la Police nationale, de la Fonction publique et de l’Éducation nationale, afin de couvrir l’ensemble des administrations concernées.
Concrètement, l’audit portera sur la vérification des effectifs budgétaires, administratifs et des agents effectivement rémunérés. L’objectif est d’identifier d’éventuels doublons, de déceler la présence d’agents fictifs et de corriger les anomalies dans la liquidation des salaires. Ces dérives, régulièrement dénoncées dans de nombreux pays africains, pèsent lourdement sur les budgets publics et limitent les marges d’investissement dans les secteurs sociaux.
Le rapport final de cette mission est attendu dans un délai maximal de trente jours. Pour la cheffe du gouvernement, cette démarche doit permettre de renforcer la transparence dans la gestion des finances publiques, de sécuriser durablement le système de paie de l’État et, à terme, de protéger le pouvoir d’achat des fonctionnaires qui constituent l’ossature de l’administration congolaise.
Cette initiative s’inscrit enfin dans les priorités du Programme d’actions du gouvernement pour la période 2024-2028, qui met l’accent sur la bonne gouvernance et la rationalisation des dépenses publiques. Si l’audit confirme certaines irrégularités structurelles déjà évoquées par plusieurs rapports administratifs, il pourrait ouvrir la voie à des réformes plus profondes de la fonction publique, au bénéfice d’une gestion plus équitable et plus efficace des ressources de l’État.
Par Didier Mbongomingi

